Chemins Vignerons

A la découverte des vignobles du soleil

L Chateauneuf du Papes en hiver, une opportunité pour profiter de ses crus ! Les couleurs explosent au printemps Avant de déguster, la visite des vignes s Les terrasses de Cassis regardent la mer La montagne Sainte Victoire en été La fausse roquette exsude des senteurs miellées Les Dentelles de Montmirail : beaux paysages et bons vins La visite de cave reste incontournable Les domaines possèdent des trésors caves Le charme des villages Méditerranéens

25 août 2017
par Marc Jonas
Commentaires fermés sur Roc d’Anglade rosé 2016 & loup au four

Roc d’Anglade rosé 2016 & loup au four

Le terroir n’est pas tout, loin de là … le vigneron, ce magicien, artisan et chef d’orchestre d’un espace qui regroupe les éléments et la plante fait toute la différence !
Un très bel exemple avec un vigneron remarquable : Rémy Pédréno qui produit un rosé excellent à plein d’égard.

roc loup 174x300 Roc dAnglade rosé 2016 & loup au four

Dans un terroir calcaire, sec au climat méditerranéen caractéristique et sous un millésime chaud et sec, le vigneron parvient à produire un vin très frais, intense, léger, vif et ne contenant que 12° d’alcool.

Je vois dans ces caractéristiques un travail soigné et une intention technique et gustative à s’orienter vers un tel style ! Hommage à lui ! Pourquoi y a t-il si peut si peu de vin de la sorte ?

Dégusté le 19 août 2017

Domaine Roc d’Anglade – rosé 2016 Vigneron : Rémy Pédréno – Cépages : Mouvèdre : 50%, Carignan : 25%, Grenache noir : 25% – alcool : 12°

Nez fin et délicat épicé, floral & fruité. Des notes acidulées, de fruit à noyau, de pêche blanche, de mandarine,  très aérien.

La bouche est très fluide, glissante, gourmande … mais incroyablement présente. La vivacité tient le devant et structure le vin. Beaucoup de personnalité, les fruits rouges et les épices s’expriment initialement pour laisser des notes plus vives et juteuses puis vient une sensation de cognac, de coing confit sur un grain presque tannique. Vin vertical, très long, sérieux mais sans complexe également. Quel plaisir !

anglade loup 183x300 Roc dAnglade rosé 2016 & loup au four

Accord mets & vin

La légèreté & l’intensité de plats méditerranéens : des loups simplement passés au four cuits dans leur jus, à la chaire tendre et savoureuse ; un tian de légumes (herbes & huile d’olive), au saveurs complémentaires & concentrées, longues plus que puissantes.

La correspondance parfaite à ce rosé, plus long que large, délicat et raffiné … cuisine simple mais parfaite pour un moment mémorable !

 

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31 octobre 2017
par Marc Jonas
Commentaires fermés sur Terre d’Argence 2015 blanc et poulet rôti

Terre d’Argence 2015 blanc et poulet rôti

Un IGP Pont du Gard – du Domaine Mourgues du Grès. Le domaine est célèbre pour ses vins de Costières de Nîmes. Ce vin issu de terroirs installés en Costières, doit cette dénomination pour la forte proportion de Petit Manseng, cépage non autorisé dans cette appellation.

20171022 141305 300x169 Terre dArgence 2015 blanc et poulet rôti

Le domaine dirigé par Anne & François Collard, se situe à la pointe est du plateau Villafranchien des Costières de Nîmes. Le climat est par définition méditerranéen, chaud et sec, et particulièrement venté. Beaucaire, ville où se trouve le domaine est posée sur le Rhône : sûrement la zone la plus ventilée de la basse vallée du Rhône !

Le nom Terre d’Argence est un toponyme historique qui remonte au XIème siècle et provient de l’aspect argenté des feuilles (aulnes, peupliers & oliviers) provoqué par le vent.

Mourgues du Grès est l’une des valeurs sûr des Costières et produit actuellement des vins issu de raisins biologique.

Dégustation le 22 octobre 2017 – Terre d’Argence 2015 – cépages Viognier : 45%, Petit-Manseng : 40%, Roussanne : 15% – une vinification sans soufre, un léger soufrage lors de la mise en bouteille – élévage au 2/3 en cuves inertes et 1/3 en demi-muids seulement pour le Viognier – Alcool : 14,5%.

Le vin montre une robe dorée intense et très brillante. Le nez est séducteur, franc et précis présentant des senteurs de fruits blanc, d’amande fraîche, des notes florales (chèvrefeuille), d’anis, d’épices (gingembre) puis à l’aération viennent des fragrances minérales et de fruits exotiques. En bouche, on est surpris par la fluidité (un tel doré suppose une viscosité plus importante) gourmande. Une certaine droiture caractérise la bouche, qui laisse le gras du vin se développer en milieu, et continue sur finale plutôt vive aux saveurs de mandarine et de beurre. La gamme aromatique est aussi complexe que le nez avec du fruit blanc, de l’anis, des épices, de la pêche, du végétale frais, une fine note d’amertume et un poil d’ananas confit. Le vin persiste agréablement sans être un monstre de concentration, la complexité et la buvabilité se combinent parfaitement.

Association mets & vin : un poulet rôti, dans sont jus sur un lit de pommes de terres dans leur peau… Peau croquante et chaire juteuse, salée et juste poivrée, agrémenté de quelques herbes dites provençales, la volaille s’exprime dans la perfection de sa nature. C’est le vin de la situation : la saveur fine de l’oiseau n’a pas été chamboulée par le vin qui a trouvé son espace pour s’exprimer dans la finesse et compléxité. L’absence de sauces fortes donne l’opportunité au Terre d’Argence de se raconter et de dialoguer avec le plat. Simple & efficace … à refaire !

 

 

2 août 2017
par Marc Jonas
Commentaires fermés sur Deux rosés 2017 issus des Terrasses du Larzac

Deux rosés 2017 issus des Terrasses du Larzac

Petit concours estival entre deux des meilleurs producteurs de vin des Terrasses du Larzac : deux Languedoc AOP intransigeants quand au respect de l’environnement. Deux terroirs sensiblement différents, l’une des nuances majeures réside dans l’altitude dont on retrouve les effets dans les textures.

2016 est une année tardive et sèche aux volumes en chute : bien qu’en appellation Languedoc, ces deux rosés sont issus de zones climatiques des Terrasses : donc procurant plus de tension en général.

2roses terrasses larzac 300x257 Deux rosés 2017 issus des Terrasses du Larzac

Vins dégusté le 30 juillets 2017

Ze Rozé

Vignerons : Delphine & Julien Zernott – cépages : Grenache noir : 65%, Carignan : 20%, Cinsault : 10%, Syrah : 5% – alcool : 12,8% – vignes en moyenne à 350 m d’altitude, l’un des domaine les plus élevés au pied du sommet de la côte avant le Larzac. Robe pétale de rose, légèrement saumonée, très brillante. Le nez, très délicat, évoque le floral et la cerise rouge fraîche, viennent ensuite de fines notes de prune, de pâte de fruit de coing, d’épices et de pamplemousse. La bouche donne une sensation de fluidité et de légèreté. Le vin est bien sec, tendu, le tandem minéral/acide se révèle en milieu de bouche et perdure jusqu’à la toute finale. Le noyau de cerise, le silex, les agrumes, une fine note abricotée composent le spectre aromatique dans une sensation globale de pureté. Sveltesse !

Qu’es Aquo

Vignerons : Isabelle & Vincent Goumard – cépages : principalement Grenache noir (en pressurage direct) & Cinsault plus du Carignan, de la Syrah & du Mourvèdre (courte saignée pour les quatre) – alcool : 13,5%. Belle couleur saumonée à l’intensité moyenne, très brillant. Le nez est très original, le caramel au lait, le cognac, le melon, des notes lactiques et de jambon sec … La bouche est très belle, l’attaque est franche et ronde, sans aucune lourdeur. Rapidement les arômes de fruits rouges mûrs frais, d’épices, d’agrumes, se lèvent et tiennent remarquablement. A l’aération des notes miellées, de nèfle, de mandarine donnent un aspect kaléidoscopique à ce très beau rosé. Finale  juteuse et fine … un régal.

2roses paella 300x288 Deux rosés 2017 issus des Terrasses du Larzac

Accord mets & vins

Sur des tartelettes sablées au sarrasin, au pignon et poivron Ze Rosé s’est montré le plus vaillant, non pas pour ses harmonies aromatiques mais plutôt pour sa qualité dynamique et sa puissance minérale. Pas de conflit s de saveurs mais plutôt un arrangement de textures ! Sur la paella, les deux fonctionnent, mais Qu’es Aquo joue mieux sur la complexité terre/mer, le pimenton et le safran … son gras à dû favoriser les beaux accords.

18 avril 2017
par Marc Jonas
Commentaires fermés sur Verticale Lucile Avril : la cuvée Vieilles Vignes du domaine Durieu

Verticale Lucile Avril : la cuvée Vieilles Vignes du domaine Durieu

Six millésimes de la très belle cuvée Lucile Avril : 6 quasi pures vieux grenache du Domaine Durieu à Châteauneuf du Pape.

Les deux frères Vincent & François ont repris les rennes du domaine avec le millésime 2004. Ils signent des vins intenses, denses et parfumés.

2013 eut un printemps et un début d’été plutôt humide, qui suscita pas mal de coulure – 2010 est une année hors norme, très qualitative – 2009 solaire, chaude et sèche – 2008 plus humide (1208,5 mm annuel) &  relativement fraîche (T° moyenne 14,5) fut très déconsidérée en son temps – 2007 l’été fut chaud et très sec (486 mm annuel) ainsi que les vendanges – 2006 a vu un hiver sec, l’été très chaud (T° moyenne 15,3) et venteux, les vendanges furent saines bien que pluvieuses.

Pour découvrir une horizontale Durieu Lucile Avril similaire

lucile 300x169 Verticale Lucile Avril : la cuvée Vieilles Vignes du domaine Durieu

Vins dégustés le 26 février 2017

2013 : Grenache noir : 85%, Mouvèdre : 10%, Syrah : 4%,  Counoise 1%. Intensité colorante assez intense au reflets carmin, le disque est encore bleuté. Nez de cendre froide, d’épices douces, de pimenton espagnol, le vin montre des touches sanguines et fumées, la réglisse … avec un peu de temps les notes florales de pivoine et de giroflée se développent en même temps que la fraise fraîche. La bouche est ample aux tannins assez fins mais un poil anguleux  et métalliques. Cependant l’équilibre est cohérent, belle tenue globale avec une tenue régulière jusqu’à la finale. Les fruits noir & la réglisse prennent le dessus, puis les arômes de garrigue et d’épices qui évoluent sans grande intensité. Pas d’excès de lourdeur, belle finition, sur le raisin sec.

2010 : Grenache noir : 85%, Mouvèdre : 10%, Syrah : 4%,  Counoise 1%. Intensité colorante moyenne aux reflets rubis et quelques légères nuances violacées. Les odeurs de cerise noire confite mélées d’épices douces mènent le jeu, rapidement suivies par des notes minérales telles le graphite & la terre humide…le sanguin, la prune, le fumé aboutissent sur des fragrances balsamiques très nettes. Attaque très nuancée : finesse, puissance, délicatesse ! Le vin a beaucoup de profondeur et de soyeux. Les tannins sont très fins bien que très présents. La suavité et le profil aromatique laissent une sensation de glissant, de suavité. Du fruit noir frais et confit, des épices, la garrigue (laurier, girofle), l’olive noire alliés à la fraîcheur évidente qui font oublier la puissante ontologique des Châteauneuf. Longue finale, remontante sur le raisin sec et la garrigue.

2009 : Grenache noir : 85%, Mouvèdre : 10%, Syrah : 4%,  Counoise 1%. IC moyenne, reflets rubis. Nez de fruits rouge confit de type fraise et framboise et de végétal sec tel le tabac blond et le foin. Des arômes sanguins s’expriment ensuite puis les épices (la girofle). La bouche  est puissante avec beaucoup d’ampleur. Les tannins se manifestent rapidement, encore un peu carrés. Le vin se développe régulièrement, avec une structure alcoolique très perceptible mais pas brûlante. Le registre aromatique exprime le raisin sec, le fumé, la cendre froide, les fruits rouge & noir confits. Légère amertume finale, très long.

2008 : Grenache noir : 85%, Mouvèdre : 10%, Syrah : 4%,  Counoise 1%. Intensité colorante moyenne, plus légère que le 2009, reflets brique. Les senteurs de fumé et de boudin précédent les fruits noir avec une certaine concentration (y aurait-il plus de Syrah ?). Sous-bois et végétal, épice et cerise à l’eau de vie complètent le riche spectre olfactif de ce 2008. La bouche est ronde, fine et suave. Les tannins sont fondus, agréables et féminins. La cerise et les épices accompagnent les saveurs viandées, avec le ciste et une sensation crémeuse presque vanillée (mais il n’y a pas de bois neuf). Belle et longue finale un peu chaleureuse sur la cire d’abeille.

2007 : Grenache noir : 85%, Mouvèdre : 10%, Syrah : 4%,  Counoise 1%. Intensité colorante moyenne, disque qui commence à brunir légèrement. Nez nettement sur la cerise noire et la fraise, le fumé, le sanguin, la réglisse, la suie, la terre mouillée et la garrigue. La sucrosité est immédiatement identifiable dans une attaque ample et puissante. Les tannins sont encore présents sans agression cependant. Les arômes de raisins secs et de  gingembre, de moka, de thé noir. C’est un vin solaire, aux tannins un peu secs mais élégants cependant qui fini sur une longue finale balsamique qui évoque la figue sèche.

2006 : Grenache noir : 85%, Mouvèdre : 10%, Syrah : 4%,  Counoise 1%. Intensité colorante moyenne, rebord un peu brun. Senteurs de feuilles sèches, d’épices douces, sanguine et de cerise à l’eau de vie. A l’aération les épices, la suie, la cerise confite et le jambon sec se combinent avec bonheur. La bouche est puissante. L’attaque un peu moins volumineuse que le 2007 montre des tannins un peu secs qui se lèvent hâtivement. Un peu d’amertume en milieu de bouche, vite enveloppée par des saveurs de noyau de cerise, de tabac, de fruit à l’alcool. Finale un peu chaude, sur le raisin sec, assez longue.

Les deux frères montrent une belle régularité dans leur travail en sélectionnant les meilleures grappes pour cette cuvée Lucile Avril. Les vins sont puissants mais n’excèdent pas dans le penchant naturel du grenache d' »aller sur l’alcool ». Les millésimes dits faibles sortent bien, particulièrement le 2008 qui en son temps fut « massacré », successeur de 2007 solaire et des récoltes moins belles encore dans d’autres régions. 2010 est extraordinaire, il gagne largement ce petit concours !

27 février 2017
par Marc Jonas
Commentaires fermés sur 2009 : un millésime solaire en Méditerranée

2009 : un millésime solaire en Méditerranée

2009 fût un millésime chaud et sec : un GROS millésime ! Une longue canicule et une vendange peu mouillée vont donner le style à cette année solaire … puissance, structure, sucrosité finale semblent caractériser les vins de cette année : quelles sont les nuances entre Syrah, Grenache et Mourvèdre ?

4 2009 300x267 2009 : un millésime solaire en Méditerranée

Vins dégusté le 14 janvier 2017

Domaine Rocalière – vigneronne : Séverinne Lemoine, AOC Lirac – cuvée Perle Noire 2009 – 80% Syrah, 20% Grenache noir, alcool : 14,5% sols de galets roulés & argileux, pas d’élevage, bio.

Intensité colorante forte, nuances encore violette. Nez floral (iris, giroflée) et épicé (poivre, giroflée) qui évoque un sentiment de fraîcheur avec une sensation de propolis. Les senteurs plus lourdes de fruits noirs un peu confits viennent ensuite. La bouche est assez ample, avec une entrée assez droite et franche. Belle texture suave et virile à la fois, aux tannins serrés et toniques. Le gras n’écrase pas l’équilibre qui ressort sur une impression dynamique en dépit de la puissance. Epices, garrigue, fruits noir très mûrs complètent la gamme aromatique dans un style assez pur. Belle finale.

Domaine des Miquettes – vignerons Chrystelle & Paul Estève, AOC Saint Joseph 2009, 100% Syrah, alcool : 14,5%, sud appellation sols de granit à micas noir et gneiss, élevage sur différents contenant vieux, pas de sulfite ni filtrage & collage, bio.

Très sombre IC, un peu violacé. Nez très séduisant pure, épices et fruits noir, précis et fin. Attaque charmeuse, sapide et gourmande. Les tannins sont encore jeunes mais ne montrent pas d’agressivité. Une belle sensation de fraîcheur tient tout le long de la bouche. Poivre blanc, suie, cassis, framboise confite composent la trame du spectre aromatique. Belle longueur.

Domaine de l’Hermitage – vigneron : Gérard Durfort , AOC Bandol 2009, 80% Mourvèdre, 20% Grenache noir, alcool : 14,5%, sols argilo-calcaire, élevage foudre 18 mois.

Intensité colorante moyenne, légèrement orangé. Nez complexe d’écorce d’orange, de cuir, de noyau de cerise, de coing confit. L’attaque est fine et souple avec un certain moelleux. Les tannins très serrés structurent ce beau vin et laisse une trace longtemps après…Le style charmeur et un peu rustique reprend les arômes cités au nez. Belle finition.

Domaine de Nalys – vigneronne : Isabelle Ogier, cuvée Les Châtaignier 2009, AOC Châteauneuf du Pape, alcool : 15%, 96% Grenache noir, 4% vieux Mourvèdre du lieu-dit Grand Pierre aux sols sablonneux, 20 mois d’élevage en 1/2 muids, culture raisonnée.

Intensité colorante moyenne, légèrement brunissant. Nez un peu animal et timide de prime abord. Une heure plus tard, la cerise confite, la cannelle, le fumé, le sanguin s’expriment avec une sensation végétale agréable. La bouche est puissante et onctueuse laissant cependant une sensation de sec. Les fruits rouge confit, le tabac, les épices, le thé, le caramel, la réglisse, l’orangette montrent toute la complexité aromatique de ce Châteauneuf du Pape. Finale un peu chaude sur le raisin sec.

 

Pour conclure : trouver la finesse et la légèreté sur de telle année de chaleur reste du domaine du défi. La sûrmaturité et la sécheresse des tannins sont les dangers à éviter, la sensation brûlante peut marquer les vins. L’équilibre du vin comme toujours défini le vigneron dans son art de comprendre un millésime : goûter reste encore la meilleure façon de vérifier.