Chemins Vignerons

A la découverte des vignobles du soleil

Domaine Durieu : verticale de la cuvée Lucile Avril

La cuvée Lucile Avril résulte de la sélection des plus vieilles vignes du domaine sur les lieux-dit Cabrières et Pied de Baud aux sols caillouteux et sablonneux. Très peu de vin été produit sur le millésime 2008 (moins de 2000 cols résultant d’une hyper sélection), le domaine ne le produit que pour les meilleures années. Environ 10000 cols sont mis en vente tous les ans. Le vin est issu de la vendange non éraflée, il n’est pas filtré. L’élevage des Grenaches s’effectue en cuve ciment entre 16 à 18 mois. Les Mourvèdre et Syrah sont mis en barrique.

Les conditions climatique des millésimes :

2007 : température moyenne de septembre jour 24,6°/nuit 13°. Eté un peu moins chaud que la normale avec 34 jours supérieurs à 30°. Insolation : 2958 heures. Précipitations annuelles : 486 mm dont 57,5 mm en septembre. Jours de Mistral : 87.

2006 : température moyenne de septembre jour 27°/nuit 15,6°. Eté plus chaud que la normale avec 54 jours supérieurs à 30°. Insolation : 2929 heures. Précipitations annuelles : 539 mm dont 186 mm en septembre. Jours de Mistral : 98.

2005 : température moyenne de septembre jour 25,1°/nuit 14,5°. Eté chaud normalement avec 53 jours supérieurs à 30°. Insolation : 3006 heures. Précipitations annuelles : 498 mm dont 118 mm en septembre. Jours de Mistral : 113.

2004 : température moyenne de septembre jour 26°/nuit 14,4°. Eté chaud normalement avec 51 jours supérieurs à 30°. Insolation : 2846 heures. Précipitations annuelles : 519 mm dont 20 mm en septembre (169,5 en août !). Jours de Mistral : 113.

Dégustation le 22 novembre 2009 – vigneron : Vincent Durieu.

Lucile Avril 2007 : Grenache noir : 85%, Mouvèdre : 10%, Syrah : 4%,  Counoise 1%. Alcool : 15%. La densité colorante est forte, reflets violets, robe intense. Le nez est précis et intense, des senteurs de suie, d’olive noire, d’épices et de noyau dominent. Progressivement la cerise noire, la garrigue (le ciste) se développent. L’attaque est déjà très souple, le vin déploie un joli volume, les tannins sont denses et fins, bien grainés. Beaucoup de cohérence d’ensemble donnant une sensation tapissante. Des arômes de cerise « mon chéri », de mûre, des notes réglissées, épicées et de garrigues se succèdent élégamment. Le vin est puissant et fin à la fois, la finale est rafraîchissante bien que laissant une impression de sucrosité, très long en bouche.

Lucile Avril 2006 : Grenache noir : 80%, Mouvèdre : 15%, Syrah : 4%,  Counoise 1%. Alcool : 14,5%. Intensité colorante moyenne, beau rubis, reflets un peu plus rouge. Le nez est très poivre et cerise rouge, noyau de fruits. Des notes de caramel de fruit sont perceptibles. Après aération, on perçoit des touches fumées et sanguines. L’attaque est fluide et plutôt onctueuse. Les tannins sont assez droits mais présentent moins de puissance. L’équilibre dans son style est remarquable avec beaucoup de charme et de finesse. Des arômes de cire, de tabac, de « Grand Marnier », d’épices et de fruits noirs. La finale est très agréable et persistante. Le vin semble dans l’ensemble un peu en retrait actuellement, mais devrait avoir un joli potentiel.

Lucile Avril 2005 : Grenache noir : 85%, Mouvèdre : 10%, Syrah : 4%,  Counoise 1%. Alcool : 15%. Très forte intensité colorante, encore jeune d’aspect. L’olfaction révèle des notes animales avec des senteurs de petits fruits noirs, la cerise noire très mure, les épices, très sur la garrigue. Le nez prometteur évoque une sensation un peu sucrée. L’attaque est volumineuse et presque douce, les tannins sont présents d’entrée de bouche et tiennent tout au long de la dégustation. C’est un vin puissant qui a de la patine. Il n’est quand même pas dénué de finesse cependant avec un touché presque soyeux. Des arômes de fruits noirs, de torréfaction, de garrigue (ciste), de poivre et de raisin sec sur la finale. Longue persistance sur le noyau de cerise et la lanoline.

Lucile Avril 2004 : Grenache noir : 85%, Mouvèdre : 10%, Syrah : 4%,  Counoise 1%. Alcool : 14%. C’est le 1er vin vinifié par Vincent Durieu. Couleur rubis foncé, intensité colorante assez forte. Le nez est superbe évoquant des senteurs de baie de sureau, de fruits cuits, de suie, de cuir. Avec le temps des notes aériennes arrivent comme l’armoise, puis les fruits à noyau, le fumé, des nuances de garrigue. L’attaque est assez suave, avec des tannins présents d’entrée. Le vin malheureusement laisse percevoir un léger creux dans la tenue de bouche, avec un corps un peu moins enrobé. Les tannins un peu asséchants reviennent sur la fin. Les arômes sont élégants sur les épices, les fruits à noyau, avec des notions de griottes. La finale est correcte et plutôt fraîche.

Pour résumer : ce fut une très belle dégustation. A retenir, tous les vins sont beaux, avec un caractère propre et un style distinct. 2 grands types ressortent : les 2004 et 2006 : moins dans la puissance et présentant des équilibres entre fraîcheur et finesse. Les 2005 et 2007 aux structures plus amples et massives, un peu plus virils et puissants. Cependant (est-ce l’effet d’une recherche de la part de François Durieu ou le fruit d’une expérience qui améliore le résultat ?) les 2006 et 2007 nous ont paru dans leur style les meilleurs. Nous avons unanimement décerné au 2007 la palme d’or !

Pour accompagner cette jolie verticale, nous avons pris une recette que Philippe Faure-Brac suggère dans un de ses livres : la selle d’agneau roulée farcie à la tapenade, accompagnée d’un tian de pomme de terre.  C’est une recette qui fonctionne, il faut un plat puissant pour ces vins de caractère solaire. Le goût typé de l’agneau a joué le jeu avec les notes épicées et de garrigue des vins. Les notes d’olive noire ont permis le relais avec la tapenade, dont l’amertume était tempérée par le gras du vin. Les 4 millésimes ont convenu, cependant Le 2005 semblait être celui qui formait la plus belle harmonie. 2006 dans son genre proposait une autre belle alternative.

Le repas s’est prolongé par un beau camembert AOC, pour le coup le 2007 a procuré la plus élégante association avec ce fromage puissant. Pour finir : le fondant au chocolat. Par principe nous avons joué le jeu de 4 vins sur ce dessert, aucun d’entre eux n’a trouvé grâce auprès de ce dessert au goût surpuissant.

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