Chemins Vignerons

A la découverte des vignobles du soleil

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Verticale de la cuvée Mittifiot du Château de Rozier

Le Château de Rozier est une cave à la belle architecture vigneronne du 18ème siècle. Sur la partie nord du plateau des Costières de Nîmes, le domaine a été racheté à Louis de Belair par la famille Guillon en 2007. Julien Paillé dirige maintenant l’un des plus beaux domaines des Costières. Sur  50 ha dont 13,5 ha de vignes, 4 ha de Grenache et 9,5 ha de Syrah, le domaine se situe au sommet du plateau, soumis aux affres du Mistral. On y distingue 3 types de sols :

  • des terres rouges, argilo-sableuses et ferreuses, peu caillouteuses qui donnent de la finesse et de la nervosité (2ha).
  • sols couverts de gros galets identiques à ceux de Châteauneuf du Pape, qui procurent puissance et structure (8ha).
  • sols de « grès » : graviers et cailloux petits et moyens, très filtrants, ils synthétisent les deux autres types de sols (3,5ha).

La cuvée Mittifiot provient des vieilles vignes, originaires de la zone à gros galets uniquement.

Les 4 millésimes ont été récoltés, vinifiés, assemblés et élevés par Louis de Belair. Racheté par David Guillon qui a donné les rennes à  Julien Paillé, celui-ci a réalisé l’assemblage et l’élevage du 2007.

Assemblages: Syrah 70 %, Grenache 30 %.

Les vendanges sont manuelles,  la récolte est éraflée et foulée. Il y a une macération pré-fermentaire, remontages, pigeages, et délestages décidés en fonction des dégustations quotidiennes afin de réguler l’extraction. Macération post-fermentaire, décuvage déterminé par dégustation. Entonnage (utilisation de barrique 225 L, 228 L et 500 L), et fermentation malolactique. Elevage de 12 à 14 mois en barriques ( 10 % en boisneufs, 20 % bois de 1 an, 30 % bois 2 ans, 40 % bois de 3 ans). Ils évitent d’utiliser trop de barriques neuves afin de ne pas marquer les vins par le bois. Le bois est utilisé pour ses critères d’oxydation ménagée permettant d’ajuster et de stabiliser la structure du vin.

Millésime 2004 : Année un peu moins chaude en moyenne, l’été l’a été normalement, le Mistral fut très présent, septembre assez chaud avec des précipitations faibles. Le style est un peu plus septentrional. Les vins sont sur la finesse et la fraîcheur.

Alcool : 14% – Intensité colorante forte, belle profondeur de robe, nuance rubis. Nez expressif aux notes un peu évoluées de sous-bois, de pierre mouillée – senteurs de lanoline, de poivre blanc, de kirsch. Belle attaque, en souplesse. Vin suave avec un beau volume, les tannins sont assez denses, en finesse, et tiennent le milieu de bouche avec régularité. Des notes de noyau de fruit, de glycérine, de fruits noirs accompagnent la structure de ce vin équilibré et chaleureux pour finir sur des notions mentholées. Belle finale fraîche sur un boisé délicat, longueur correcte.

Millésime 2005 : Année assez chaude, été chaud et très lumineux, le Mistral a beaucoup soufflé. Peu de pluies dans l’année, septembre fut un peu plus pluvieux, ce qui permit d’éviter les sur-maturités et de préserver la fraîcheur. Les vins sont riches et harmonieux, une année qui favorise le Grenache.

Alcool : 14% – Intensité colorante forte, reflets encore violacés. Le nez exprime des odeurs de noyau de fruit, d’iris, de fruits noirs avec en arrière plan une sensation minérale d’ardoise. Evolue beaucoup par la suite. L’attaque est agréable, mais les tannins se montrent plus structurés, avec de la droiture sans être agressifs. Belle évolution en bouche, la cohésion tannins/alcool donne une sensation tapissante. Les arômes sont sur le noyau de cerise, nuancés par des fruits noirs frais et de jolies touches vanillées. Belle finale aérienne, de belle longueur : vin charnu et vertical.

Millésime 2006 : Année chaude, l’été encore plus. L’année a été sèche et assez venteuse, un peu de pluies en septembre plutôt favorables. Un millésime sur la puissance avec des tanins ronds, fraîcheur préservée.

Alcool : 14,5 – Intensité colorante forte, reflets bleutés, légère turbidité. Nez moyennement intense sur le noyau de cerise et les épices, le tout couvert par une note herbacée un peu surprenante. La bouche est ample et virile avec une certaine puissance. Les tannins sont un peu plus anguleux que sur les autres millésimes. Le fruit est un peu timide, dominé par cette touche végétale, mais l’on distingue le poivre, le floral et un peu de fruit. L’élevage est assez manifeste, tout en restant élégant. Finale moyenne sur des notes viandées, boisées avec une légère amertume.

Millésime 2007 :  Année la moins chaude des 4 millésimes, L’été fut un peu plus frais que la normale. Année sèche surtout en septembre. Un été alternant journées chaudes et nuits fraîches puis du mistral pendant  les vendanges : récolte très saine, d’une exceptionnelle fraîcheur, de garde.

Alcool 14,5% – Intensité colorante forte, un peu opaque, violacée. Beau nez sur le fruit frais, les épices, le ciste, la réglisse et le minéral (graphite). Attaque suave et ample, les tannins sont assez droits avec une trame fine. Vin plutôt en puissance avec une belle finesse aromatique sur l’iris, le caramel, les fruits rouges (grenade) et noirs (cassis) et la réglisse. Equilibre plus moderne, offrant souplesse et arômes, tout en conservant son volume solaire. Longue finale un peu crémeuse, sur des notes fraîches et boisées. Beau vin.

Pour résumer : cette dégustation, sur 4 très beaux millésimes, a montré une belle homogénéité de style. La cuvée Mitiffiot est généreuse et élégante, le vin montre une certaine puissance méridionale mais ne pèche pas par la lourdeur : les finales sont fraîches et parfois relevées par une touche mentholée. L’élevage est respectueux du millésime et de la récolte : il en résulte un caractère emprunt de droiture et de finesse. Seul le 2006 a fait défaut, pourtant le millésime pouvait prétendre à une très belle réalisation. Le bouchon de cette bouteille était en aggloméré Altec, peut-être cela aura altéré le beau potentiel de ce vin et développé cette touche verte et amère ? On note une variation de style à partir du 2007, où Julien Paillé est intervenu pour l’élevage, nul doute que pour les millésimes à venir, cette cuvée va encore gagner en finesse et complexité. Un domaine à suivre !

Commentaires Clos.