Chemins Vignerons

A la découverte des vignobles du soleil

L Chateauneuf du Papes en hiver, une opportunité pour profiter de ses crus ! Les couleurs explosent au printemps Avant de déguster, la visite des vignes s Les terrasses de Cassis regardent la mer La montagne Sainte Victoire en été La fausse roquette exsude des senteurs miellées Les Dentelles de Montmirail : beaux paysages et bons vins La visite de cave reste incontournable Les domaines possèdent des trésors caves Le charme des villages Méditerranéens

Le millésime 2013

Moins chaud et plus humide – 2013 restera dans la mémoire comme un millésime difficile, partout en France. Le sud n’a pas échappé aux conditions délicates, essentiellement dues à un printemps frais, humide. Les cépages tardifs ont été favorisés par l’été sec et moyennement chaud, prolongé tout le long des vendanges. Les pluies d’équinoxe n’ont pas fait souffrir les vignobles, les chaleurs n’ont pas suscité de stress hydrique. Le principal problème fut ce printemps et le début d’été humide, peu favorable au Grenache cette année, qui à coulé allégrement. 2 à 3 semaines de retard globalement sur toutes les étapes culturales, les effets terroir et les choix des vignerons peuvent être considérables d’un domaine à l’autre. La chute de quantité due à la coulure sur Grenache (et parfois le Cinsault)  peut être sévère (Vallée du Rhône) mais la qualité devrait être au rendez-vous. Plus que jamais c’est un millésime de vigneron !

vendanges gardine Le millésime 2013

L’hiver 2012-2013 a été doux, peu venteux assez sec. Le printemps, arrosé, a vu quelques périodes de grosses pluies type « épisode Cévenol » localement. Les températures ont été plus basses que la moyenne. Ceci conjugué à un coup de chaleur pendant la floraison a entraîné de fortes coulures sur Grenache de 40 à 70% selon les terroirs. L’été tardif, orageux en début juillet, des vents du sud ouest (chauds et humides) peu habituels à cette période ont aggravé l’effet printanier. Heureusement des passages de Mistral puis un coup de chaud début août entre 36 et 40° C ont assaini les conditions. La chaleur et la sécheresse non excessives ensuite, un mois de septembre assez frais (alternance chaud froid entre le jour et la nuit) et peu humide, ont donné les moyens de continuer une bonne maturation des raisins. Une année de vigneron et de chef de culture aussi : énorme proportion de grappillons, richesse en sucres, accumulation en polyphénols : un millésime de challenge…

Vallée du Rhône :

En Vallée du Rhône, pays du Grenache Roi, le bilan est mitigé. Les qualités moyennes sont très tri vendanges1 300x191 Le millésime 2013belles, même sur le Grenache, dont les rendements faibles ont renforcés structures et  couleur, mais les volumes chutent considérablement. Bien sûr, il y aura de nombreuses variations qualitatives (dans un même terroir) : le secret était d’attendre, encore fallait il pouvoir !  Ici l’effet du gel de 2012 a pu amplifier l’effet coulure : attention au variation de maturité dans la même parcelle ! Année mildiou aussi, contre lequel il faut lutter habilement selon Philippe Gimel, propriétaire du Domaine Saint Jean de Barroux. Orages intenses le 7 et le 8 septembre suivi d’un Mistral froid le 9 en Vallée du Rhône, puis la nuit du 14 au 15 et le 29  septembre plus Mistral : des conditions climatiques qui peuvent évoquer celles des années 80-90.

Châteauneuf du Pape : Au Château de Cabrières Agnès Vernier pousse un ouf de soulagement le 23 octobre, jour des derniers Mourvèdre. « On craignait des difficultés de maturité », l’attente et un tri rigoureux a permis des degrés de 15 à 16°, et une belle qualité globale. Même son au Château la Gardine,Marion Barral « déplore 35% de baisse de volume », cette année les vins pourrait être plus marqué par la Syrah et le Mourvèdre ? Jean Abeille du Château Mont Redon précise que l’été a commencé seulement le 10 juillet, seau blanc1 300x300 Le millésime 2013« chaud et ensoleillé mais pas suffisamment pour combler les déficits accumulés ». Heureusement la météo a été très bonne pendant les vendanges. 45% de moins qu’une année normale avec des concentrations inhabituelles donnant néanmoins un très beau résultat. Didier Négron au Domaine Roger Sabon a récolté 20 à 22hl/ha, petit volume causé par le printemps humide, cela met en valeur les cépages secondaires (Syrah et Mourvèdre) « de toute beauté, avec une belle fraîcheur et de jolies expressions fruitées ».

Luberon : Louis Michel Brémond du Domaine les Vadons en sud Luberon, mentionne 15 jours de retard des stades de développement de la vigne et signale « de 10 à 60% de perte sur Grenache noir et 10 à 40%  sur Grenache blanc selon l’âge des vignes et les terroirs ». Les qualités moyennes sont bonnes à très bonnes, avec peut être un peu moins de dégré, mais de belles couleurs. Année de fraîcheur où, outre le savoir-faire dans la vigne, le vigneron devra exceller en cave !

Gigondas : Franck Alexandre vigneron au Domaine des Teyssonnières considère que « 2013 sera l’année la plus faible du siècle, en volume, sur Grenache avec des rendements allant de 10 à 25 hl/ha » ! Le gel de février 2012 a eu un effet aggravant. Les qualités sont très bonnes avec de bons Ph, beaux équilibres acide/alcool et des couleurs soutenues : « petites quantités mais grandes qualités ». Au Domaine des Bosquets, Julien Bréchet parle de 30% de perte, mais « le Grenache a des notes de confit », l’année se caractérise par son niveau d’acidité. Superbes Syrah, Mourvèdre attendu jusqu’au 20 octobre ! Stéphanie Fumoso du Domaine Gours de Chaulé explique la coulure du Grenache entre autre par les vents glaciaux qui ont brûlé les boutons floraux : la faible charge des vignes va permettre une bonne concentration des grappes restantes.raisin vis 300x225 Le millésime 2013

Ventoux : Frédéric Chaudière du Domaine Pesquié a récolté 30 à 40% de moins. « La coulure du Grenache,  a donné une structure de grappe moins compacte donc plus aérée, lui donnant plus de facilité pour résister  à la pression de la maladie ». Il a fallu attendre et prendre le risque de voir la pourriture se développer, les vendanges ont contraint à beaucoup d’adaptation et de stress pour obtenir un bon résultat. Efforts payants avec des  » équilibres atypiques pour la région, de belles acidités et un niveau alcoolique un peu plus bas, tout en préservant une bonne concentration ».

Lirac : Fabric Delorme du Domaine de la Mordorée trouve le millésime atypique, cela est du comme partout à l’impact marqué de la coulure du Grenache avec 50% de perte ! Heureusement les Syrah sont superbes, les Mouvèdre très beaux bien qu’il a fallu les attendre très longtemps cette année.

Languedoc :

Le Languedoc aura été le plus chanceux des sudistes, lisons la conclusion de Cyril Bourgne de la Madura : « ce millésime nous aura bien compliqué la vie dans la vigne au printemps, il nous aura fait inquiéter et attendre mais le résultat devrait nous faire vite oublier tout cela. Nous devons d’autant plus l’apprécier que d’autres n’ont pas eu cette chance. Le climat méditerranéen a bien des avantages. »

Pic Saint Loup : Le Domaine de l’Hortus, Yves Orliac signale 15 jours de retard du débourrement, et trois mois (mars, avril et mporteur 300x270 Le millésime 2013ai très pluvieux génant le travail dans les vignes mais garantissant la résistance à la sécheresse d’août). La floraison mi-juin, induisant des rendements moyens, entraîne l’économie des vendanges en vert (coulure sur Grenache). Très bel état sanitaire malgré les 10 jours de retard. La particularité de ce millésime est que les parcelles hâtives et tardives ont été récoltés à la même date, les Mourvèdre ont fini les vendanges le 10 octobre. Cela semble donner un grand potentiel qualitatif avec maturité, richesse et profondeur. Pierre Jéquier du Mas Foulaquier semble satisfait de l’été non excessif qui a donné des conditions où le raisin a pu « mûrir en douceur » avec des vendanges  saines qui ont commencé le 15 septembre, en retard : beaux équilibres sucres/acides. Peu de Grenache pour cause de coulure.

Minervois La Livinière : Au Domaine de Centeilles, Patricia Boyer-Domergue mentionne une petite récolte (surtout sur Grenache) avec des conditions délicates (les peaux sont fragiles et éclatent facilement)  d’un point de vue sanitaire, certains ont récolté avant complète maturité pour ne pas rentrer du pourri : il a fallu effeuiller. Il fallait pouvoir attendre (fin des vendanges début novembre !), mais précise t-elle « je suis très contente de la matière première ».

Languedoc-La Clape : Peter Wildboltz vigneron au Mas de Soleilla précise que la proximité de la mer a donné des variations notables avec les autres vignobles, plus à l’intérieur : l’hiver très et le printemps très secs ont entraîné un développement végétatif peu vigoureux qui se ressentira sur la structure tannique. Comme partout le Grenache a coulé pour cause de grande fraîcheur fin mai début juin. Les vendanges ont survenues 3 semaines après la normale. Les raisins avaient une belle maturité avec des équilibres plus modérés, moins de puissance et plus de fraîcheur.

Duché d’Uzès : Dans le Piémont Cévenol Philippe Nusswitz caractérise 2013 comme exceptionnel. Outre la coulure sur Grenache la pression du mildiou a été très importante. Le bon été n’a pu rattraper les 3 semaines de retard, il fini les vendanges le 17 octobre, « du jamais vu ! « . Les raisins étaient superbes, très bien équilibrés avec de très belles acidités.echantillons 285x300 Le millésime 2013

Grès de Montpellier : Jean Philippe Servière du Domaine Grès Saint Paul est ravi : chez lui les Grenache n’ont pas perdu, seule la pression du mildiou fut la principale préoccupation. La récolte a même augmenté de 20% par rapport à 2012 ! Septembre a fait la différence sur ce terroir de galets roulés non loin de la mer : pas de rosées  ravageantes le matin, journées chaudes et nuits fraîches, pas d’orage : le vent du nord a précipité la date de récolte vers le 20 septembre. « maturités optimales, état sanitaire parfait, indices de Folin très hauts (phénols), potentiel aromatique très élevé : « je signe tous les ans pour la même ».

Terrasses du Larzac : Au Mas Daumas Gassac, le printemps humide a marqué de son empreinte le développement végétatif des vignes. Mais ici, l’été s’est déroulé normalement vers le mois de juin. Les 15 jours de retard ont porté la récolte au 16 septembre (jamais vu depuis 20 ans) pour finir le 4 octobre dans de bonnes conditions sans perte de volume. Chose étrange cette année, les blancs ont été récolté en même temps que les rouges. Selon Samuel Guibert, les blancs ont plus d’acidité et moins de 13° d’alcool donc plus de longueur ; les rouges sont très aromatiques avec beaucoup de finesse et d’élégance, sur la rondeur. Isabelle et Vincent Gourmard du Domaine Cal Demoura considèrent 2013 comme étant un millésime au « cycle classique mais tardif », où il a fallu sans cesse se remettre en question et « interpréter en restant à l’écoute du terroir ». Le profil des vins évoque l’élégance et la profondeur, avec un riche potentiel aromatique.caviste Le millésime 2013

Saint Chinian : Cyril Bourgne au Domaine de la Madura signale un hiver et un printemps humide et froid qui a permis de résister au stress estival : « surtout au mois de mai, le plus froid depuis 1950 » ! Le retard végétatif de 15 jours. L’été sec et les vendanges saines ont donné les moyens de la qualité mais il a fallu effeuiller et réguler les rendements. 10 jours de retard à la récolte, les Syrah sont très denses et sombres, fraîches et aromatiques, très beaux et rares Grenache, grands succès sur les cépages tardifs : Carignan et Mourvèdre.

Provence

Le millésime est marqué par des pluies tout au long du printemps et au début de l’été, les températures étant beaucoup plus basses que les années précédentes. Cela provoque un décalage physiologique avec une floraison retardée de 20 jours, repoussant la véraison d’autant. L’oïdium et le mildiou ont été très présents. Deux épisodes pluvieux vers le 20 septembre de 130mm puis de 40mm, des températures encore chaude en octobre ont rendu cette période difficile, fragilisant les peaux des raisins. Baisse des rendements d’environ de 15% en moyenne.

Bandol : Au Domaine Bastide Blanche dirigé par Stéphane Bourret, les rendements ont chuté de 25%. Il remarque que les grappes de Mourvèdre étaient plus petites qu’à l’accoutumée, que les Grenache et vieux Cinsault ont coulé, cela est imputable aux conditions climatiques. L’écart des périodes de maturité entre Grenache et Mourvèdre a été considérablement réduit. Les derniers Mourvèdre furent récoltés le 15pipette tono 254x300 Le millésime 2013 octobre. Pour ne pas extraire trop de dureté tannique les extractions ont dû se faire en douceur. Le millésime est plus sur la finesse que sur la puissance, avec une belle acidité, un réel potentiel aromatique et une belle trame tannique élégante. Un style se rapprochant de 2005 à Bandol.

Coteaux d’Aix en Provence : Pour Jaqueline Guichot, vigneronne au Domaine Saint Ser, le coup de chaud lors de la floraison des Grenache a favorisé l’effet coulure, combinée avec 2 jours de grêle en juillet : la récolte est très petite ! Hormis ces problèmes l’été a permis la maturité d’une récolte donnant un vin sur la vivacité et un fruit intense et précis. Philippe Bru directeur du Château Vignelaure déplore les grêles ravageuses du 7 et 17 juillet : récolte historiquement petite 900 hl pour 50 ha. Les vendanges se sont terminées le 25 octobre avec 2 semaines de retard. La vigilance imposée par la pression des maladies, l’état sanitaire fragile a entraîné une campagne de vendange délicate. Les vins seront frais, vifs et fruités.

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