Chemins Vignerons

A la découverte des vignobles du soleil

L Chateauneuf du Papes en hiver, une opportunité pour profiter de ses crus ! Les couleurs explosent au printemps Avant de déguster, la visite des vignes s Les terrasses de Cassis regardent la mer La montagne Sainte Victoire en été La fausse roquette exsude des senteurs miellées Les Dentelles de Montmirail : beaux paysages et bons vins La visite de cave reste incontournable Les domaines possèdent des trésors caves Le charme des villages Méditerranéens

Le millésime 2014

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Encore un millésime de vigneron, de perfectionnistes (C. Delorme) ! Récolte généralement plus abondante, globalement plus humide, surtout pendant l’été : ces conditions ont favorisé un développement important du végétal, permettant la formation de grappes volumineuses avec des baies assez grosses. Tout est réuni alors pour le développement d’un mildiou tardif et agressif et de foyers de botrytis généralisés. Les terroirs draînants, ventés ont été les meilleurs pour la production de beaux raisins. Il a fallu une vigilance permanente dans les vignes pour intervenir à temps par des vendanges en vert, des relevages, des effeuillages, gérer l’enherbement…

Les épisodes Cévenols répétés après un été très particulier, ont parfois obligé les vignerons à hâter les vendanges, sans pouvoir toujours attendre l’optimum qualitatif. Le 20 septembre avec ses pluies dévastatrices, surtout en Languedoc où des centaines d’hectares ont été inondés, est une date charnière pour cette campagne de récolte.

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Une fois de plus on retrouvera une très grande diversité d’un terroir à un autre, d’un vigneron à un autre. Les cépages ont eu des résultats différents selon les régions. Le maître mot de cette vendange 2014 : le tri ! Il semble que les cépages tardifs n’ont pas été favorisés cette année, de plus il faut prendre en compte les orages d’automne : il y aura cette année les vins récoltés avant et après la grosse pluie.

Languedoc-Roussillon :

Les conditions climatiques selon Jacques Rousseau du service viti de l’ICV entraîne un cas particulier en ce qui concerne l’hétérogénéité des vendanges. Les floraisons et la véraison se sont déroulées dans des périodes normales. Très humide en hiver, à l’extrême ouest et l’extrême est du Languedoc (Gard Rhodannien et PO). Par contre la partie médiane (Hérault et l’est Audois) furent très secs.

L’été a été très arrosé, avec une pluie par semaine pratiquement, multipliant les volumes d’eau de 2 à 4 selon les endroits : la zone centrale n’a pas souffert de la vigueur excessive de la vigne, mais à l’Est et à l’ouest du Languedoc les baies furent grosses et abondantes ce qui a augmenté les risques de mildiou en milieu d’été.

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Château de Cazeneuve tout est prêt pour les vinifs…

La grêle a touché fortement le Razès, le Minervois et la partie sud Cévennes du Gard.

Pic Saint Loup, Terrasse du Larzac, Faugères et St Chinian ont été fortement arrosés (jusqu’à 7 gros orages d’été !) ce qui a aussi contribué à baisser la T° moyenne. A l’inverse, les terroirs de la Clape, de Pézenas et des Corbières ont vu des conditions quasi normales.

La fraîcheur du climat a ralenti les maturations, ce qui a préservé la fraîcheur et les taux d’acidité mais les peaux, fragiles, pouvaient éclater entraînant des problèmes sanitaires. Globalement la maturité phénolique a été moins forte. Grosses pluies les 20 puis 27 et 28 (sur Montpellier) le 29 (sur Nîmes) septembre ont rapidement transformé l’état de la récolte, mais heureusement elle était déjà rentrée au deux tiers.

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Pic Saint Loup

Pour Yves Orliac du domaine de l’Hortus, ce sont « des vendanges de joie, d’angoisse, d’émotion et de tempête ! » Les vendanges se terminent le lundi 29 septembre, juste avant les grosses  pluies qui se sont abattues comme annoncé sur la région de Montpellier. Lors de l ‘épisode pluvieux du 17 septembre (148 mm en 24 heures), deux tiers des rouges étaient entrés.  « Ce sera une année de parcelles, avec des vins privilégiant la concentration, d’autres la finesse et l’élégance fruitée, et partout une très belle acidité ».

Saint Christol

Frédéric et Richard Bort du domaine Bort signalent le « peu de repos végétatif hivernal « .  Tout au long de l’année, ils ont « eu la nécessité absolue de rester très vigilant sur l’oïdium ». Cette année, grâce aux maturités des rouges qui se sont s’enchainées, ils ont pu rentrer les raisins en continu : « ce qui donne une récolte très qualitative ». Un grand millésime donc !

Faugère

Nicole Ollier du Domaine Ollier-Taillefer, déclare avoir souffert de la sécheresse hivernale, heureusement tempérée par les pluies de juin et juillet. Pas de stress hydrique avec des degrés plutôt élevés mais de bonnes acidités.

Saint Chinian

Cyril Bourgne du Domaine de la Madura commence l’élevage de ses vins avec le sourire en dépit d’un commencement de l’année délicat. Le déficit hydrique de 50% additionné à une évapo-transpiration des vignes, jamais vue pour un printemps (la plus importante depuis les 35 dernières années), n’avaient rien d’engageant. Heureusement la fraîcheur de l’été et les pluies régulières ont remis le végétal en état. Septembre a été chaud et sec en début, et les gros orages de la deuxième moitié n’ont pas été ravageurs, comme plus à l’est. Le vigneron conclu en disant « nous avons cueilli de beaux raisins, très sains et de taille limitée, qui nous donnent aujourd’hui des vins tout en élégance, tant au niveau des arômes que de la structure et de l’équilibre ».

Terrasses-du-Larzac

Isabelle et Vincent Goumard du Domaine Cal Demoura signalent ce millésime comme le plus exigeant qu’ils ont eu à connaître : un printemps précoce puis sec (stress hydrique), un été humide (qui garde les acidités),  septembre « démoniaque » avec trois fois plus de pluie que la normale (350 mm contre une moyenne de 100mm). Il a fallu travailler plus durement, observer plus attentivement les réactions de chaque parcelle, trier et faire des vinifications adaptées (surtout sur Mourvèdre et Carignan). Le style est fruité et en finesse, plus proche de 2012 que 2010.

Alain Chabanon du Domaine Chabanon précise que « dans une zone de maturité précoce, quand les premières pluies de septembre sont arrivées, on avait rentré 85 % de la vendange dans de très bonnes conditions ».

Au Domaine Daumas-Gassac la récolte est plus faible de 35%, la campagne des vendanges a commencé le 1er septembre pour aboutir le 14. En blanc comme en rouge, la fraîcheur semble être l’élément distinctif de 2014.

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Grès de Montpellier

Philippe d’Allaine de l’Abbaye de Valmagne, a plus souffert de la sécheresse (moins de 300 mm entre les vendanges 2013 et 2014) ce qui a amené une perte de volume de 30%. Il nous rasure en louant la « très belle qualité des vins ».

Duché d’Uzès

Philippe Nusswitz du Domaine Orénia précise que « juste avant les vendanges, les vignes n’ont jamais été si belles et bien chargées ». Ceux qui ont vendangé avant le 20 septembre et sa « triste succession d’orages pendant trois semaines, rendant l’accès aux vignes compliquées, et favorisant la pourriture généralisée » ont eu une « récolte sauvée des eaux et splendide! »

Corbières

L’abbaye de Fonfroide se félicite de la « qualité nettement supérieure, grâce à une meilleure maturité, plus précoce et une météo plus favorable : des raisins bien mûrs, des vins avec plus de caractère qu’en 2013 »

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Le Roussillon

Pierre André Delmas du Domaine Delmas exprime sa satisfaction de voir des rendements plus élevés (26hl/ha en augmentation par rapport à 2013 : 22hl/ha, 2012 : 12hl/ha) avec des raisins sains cela grâce à son terroir près de Salses situé au sud des Corbières. La précocité de l’hiver a été retardée par les pluies de juillet, ce qui a rendu le travail (en bio) plus ardu, pour chercher la maturité pelliculaire. Septembre a été ensoleillé et très venté, ce qui a permis une belle finition des maturités.

Simon Dauré du Clos de Paulille à Collioure nous informe que « l’été pluvieux et frais a entraîné des vendanges un peu plus tardives avec un état sanitaire sain grâce à des effeuillages et des rognages plus importants, le millésime est aromatique et de belle qualité »

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Vallée du Rhône

On souligne les effets d’un printemps chaud qui suit un hiver humide. Cela provoque une forte activité de la végétation, retardé par la fraîcheur et l’humidité estivale. Les vignes étaient chargées (compensation du Grenache qui a coulé en 2013 combiné au climat humide du printemps), les risques étaient grands de voir des foyers de mildiou se développer ici et là. 10 jours de Mistral avec des alternances journées chaudes et nuits fraîches ont assaini les conditions de maturation. Grosses pluies le 15 septembre sur le Luberon et sud Rhône. Le 17 septembre de nouveau de gros orages sur Rasteau, puis le 24. Un style de vin proche de celui des années 70 selon Jérôme Mathieu.

Châteauneuf du Pape

Jean Paul Versino du Domaine Bois de Boursan, donne un avis positif sur le style 2014 qui devra être sur la fraîcheur. Un travail important dans les vignes en été et pendant les vendanges pour contrer la tendance que les vignes ont eu à mûrir inégalement. « Une année assez stressante » Cette année, il a récolté les Syrah avant les blancs !

Jérôme Mathieu du Domaine Mathieu regrette le printemps sec et venté, puis l’humidité de la fin printemps qui a fait excessivement compenser le développement végétal « en gonflant les baies donnant en final des disparités énormes de maturité dans un même lieu-dit ». Moins d’alcool (1° de moins) et moins de couleur qu’une année normale précise t-il.

Bernard Duseigneur du Domaine Duseigneur insiste que le travail en vigne a été déterminant et que le tri parfois très important (sur Syrah et Grenache) sera la garantie de beaux résultats. Ce sera un millésime « supérieur à 2013 ».

Laetitia et Julien Barrot du Domaine la Barroche insiste sur la permanente adaptation causée par les conditions météo : 158 mm de pluie en juillet-août (89 mm en 2013, 91 mm en 2012) et un ensoleillement sur 6 mois de 1768 h (1811 h en 2012). « Tous les entrecoeurs ont été enlevés, les vendanges en vert et un effeuillage strict ont été réalisés sur toutes les parcelles, ce qui nous a permis d’atteindre des maturités optimales » : « la conséquence positive est de faire coïncider les maturités technologiques et phénoliques de tous les cépages ». « 2014 se caractérise par un fruité pur, de belles acidités et des tannins présents en quantité : un millésime tout en élégance et en finesse ».

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Gigondas

le Domaine de Longue-Toque loue la qualité globale mais regrette la fragilité des pellicules, surtout sur les Syrah.

Julien Bréchet du Domaine des Bosquets vante une année normale en volume. Il commence le 22 septembre avec les Syrah : un style avec moins d’alcool et plus d’acidité.

Pour lui il s’agit d’un « millésime inhabituel, de vigneron, qui a impliqué une grosse remise en question pour le réussir. Et plus que jamais, un millésime qui s’est joué à la vigne ». 2014 se révèle finalement tardif, du fait de la charge en Grenache et de l’été moins ensoleillé : « on a fait un effeuillage coté frais d’abord fin juillet, puis l’autre face, avec l’équipe de vendanges, afin de replacer la maturité au centre de la décision de récolte. On a même vendangé des parcelles en 3 fois » Et de conclure en disant que « la proportion en hausse de Grenache va proposer un millésime souple, au fruit éclatant mais pas écrasé par le soleil, avec de l’équilibre entre structure et buvabilité ».

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Tavel

Christophe Delorme du Domaine de la Mordorée, caractérise 2014 comme « un millésime compliqué, exigeant, qui n’a pardonné aucune approximation, ni laisser-aller». Il précise qu’au prix d’un dur travail dans les vignes «les vins sont très bons, équilibrés, très parfumés grâce aux températures modérées en été, avec de très bons équilibres»

Ventoux

Frédéric Chaudière du Château Pesquié nous apprend que « 2014 a été un millésime abondant mais il n’aura pas été de tout repos ! » A l’est du Rhône les intempéries n’ont pas été aussi ravageuses. » Les vendanges plus tardives, commencent le 11 septembre avec les Viognier et finissent avec les Mourvèdre le 18 novembre. « Nous avons eu de belles surprises avec de beaux équilibres acidité / concentration, des PH assez bas, qui promettent à la fois une belle densité et une bonne buvabilité».

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Costières de Nîmes

Olivier Maurice, qui s’occupe de la communication du Château de Nages, précise qu’ils ont assez bien résisté aux conditions climatiques. Il explique cela par l’effet terroir (brises thermiques qui résultent d’une différence de température entre le sol de galet et la Méditerranée qui conserve une certaine fraîcheur) combiné avec « un gros travail en amont dans le vignoble : vendange en vert, volonté de conserver plusieurs petites grappes plutôt qu’une seule grosse, effeuillage côté levant »

Sylvain Boutée du Clos des Boutes souligne les étranges pluies d’été avec des 150mm par jour, conditions atypiques qui ont pu être parfois difficiles à gérer.

Provence

« Une climatologie assez douce avec un hiver et un printemps doux et humide. L‘été sec et relativement chaud et marqué par des amplitudes thermiques entre nuit et jour assez fortes. Jusqu’au mois de Juillet, la vigne était en avance d’un point de vue végétatif. Mais les fraîcheurs nocturnes ont très certainement ralenti la croissance végétative. Cela a contribué aussi à conserver de belles acidités.  D’un point de vue culture ce fut une année raisonnablement facile avec l’oidium comme seule pression. »

La qualité est globalement bonne et les volumes sont au rendez-vous, moins sur la puissance, plus sur l’élégance.

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Bandol

Stéphanne Bourret de la Bastide Blanche nous apprend que l’acidité des jus et le potentiel aromatique lui semblaient des bons présages pour obtenir un millésime extraordinaire. « Un orage mêlé de grêle (70mm en 1h) a touché une grosse partie du vignoble. Pas vraiment de pertes de raisin mais beaucoup de grains éclatés. Puis un second orage de 50mm 6 jours après puis un troisième de même intensité 5 jours après ont amoindri un peu nos espoirs » :

Il précise qu’il a fallu « trier sévèrement afin de mettre en cuve une matière première de qualité. Il a donc fallu travailler en douceur et tranquillement afin de ne pas extraire des tannins trop durs. On a évité de faire trop de pigeages et de délestages : on est plus sur la finesse que sur la puissance avec des acidités relativement hautes et un bon potentiel alcoolique ».

Le Château Pradeaux, Cyril de Portalis commence les rosés tardivement le 16 septembre, la floraison ont été plus tardives, pour les rouges, les peaux des raisins étaient assez fines sur les Mourvèdres donnant un potentiel phénolique suffisant.

Baux

Théophile Milan du domaine Milan indique que du fait que « l’été fut assez frais, avec beaucoup de précipitations entre fin juin et début aout, il y eût beaucoup de raisins sans une maturité excessive, il a fallu donc effectuer un gros tri ». Cela donnera « des vins avec peu moins d’alcool et de matière, mais tout en restant très intéressant ».

 

 

 

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