Archive for the 'Les gourmands disent...' Category

Les gourmands disent…

Limoux blanc 2010 et andoulliette

Bandol rouge Château la Suffrène 2001 et faisan en cocotte et topinambours

Château Pibarnon 2003 et entrecôte forestière

Rosé 2010 du Château Dalmeran sur un Risotto coriande/crevette

Cuvée Anselme Mathieu 2005 du Domaine Mathieu avec de la joue de boeuf en daube.

Tartare de boeuf et rosé : Gigondas 2010 versus Tavel 2010

Fleur de Cailloux 2010 de Padié et cabillaud demi sel

Domaine Saint Ser blanc 2008 et Pissaladière

Domaine Laguerre, cuvée le Ciste 2005 et agneau rôti

Châteauneuf du Pape Maucoil - Privilège 2001 et côte à l’os de Salers

Coume Marie 2009 et poulet au citron

Vins doux Naturels et chocolats

Fitou 2006 de Bertrand-Bergé et daube de queue de boeuf

Pradeaux rosé 2008 et Tajine de boeuf, pruneaux et coings

Domaine de la Rocalière Lirac blanc 2008 et terrines de poisson

Clos d’Albizzi blanc 2008, rougets et risotto aux champignons

Mas Jullien rosé 2009 et Tagliatelles aux fruits de mer

Ecrevisses et domaine de la Tour Vieille 2003 (Collioure blanc)

Commanderie de Peyrassol Rosé 2009 et soupe au pistou

Cazeneuve blanc 2007 et rouget à la tapenade

Cuvée Béatines rosé 2009 et fideoa à la seiche

Gauby “vieille vigne” 2005 avec merlu rôti à l’ail et tian de légumes

Château Dalmeran 2001 et selle d’agneau rôtie au thym

Mas de Theyron versus Domaine du Grand Jacquet : 2 blancs bio 2008 avec pot au feu de poisson

Tourte à la joue de boeuf : Mas Amiel 2002 versus Mas Neuf 2002

Pintade truffée et Vaudieu blanc 2001

Romain Pauc 1990 et selle d’agneau au thym

Saint Joseph blanc et loup à l’huile de truffe

Salade de foies de volaille et Corbières rouge 1999

Raie poêlée sur une julienne de légumes aux épices et rosé

Collioure blanc et brochette de porc au miel

Rivesaltes Ambré 1991 et fondant au chocolat

Château la Négly - la Falaise 2000 et pigeon en casserole

Risotto asperges, seiches et jambon sec avec un Tavel 2008

1 - 2 - 3 Tavel 2007 et soupe de poissons

Soupe de pêche et Muscat de Lunel

Saladin blanc Per El 2007 et poissons de Méditerranée

Bandol rosé 2007 et sushis : pas de soucis !

Tartare de saumon et le rosé du Mas Foulaquier

Condrieu la Loye 2005 de Gérins et quenelles de brochet

Loup farci aux girolles et coriandre et Gauby blanc vieilles vignes

Magret de canard aux cèpes et Montirius 2002 : Vacqueyras face au Gigondas !

Gâteaux de foie de volaille : domaine de la Citadelle ou domaine de Fontsainte ?

Bandol blanc contre Châteauneuf du Pape blanc et menu poissons

Rasteau VDN et tarte au chocolat et cerise confite

Saladin versus Foulaquier avec foie de veau aux fruits rouges

Le Grand Blanc 2007 du Château Revelette avec un pot au feu de poulet

Limoux blanc 2010 et andouillette

L’appellation Limoux est célèbre pour produire le plus vieux pétillant de France, vin à base de Mauzac, cépage autochtone. Depuis plusieurs décennies, on y produit des vins tranquilles, principalement en blanc. Les terroirs frais mais sudistes (altitude et influence océanique) permettent d’envisager des blancs ambitieux basés sur le Chardonnay.

Vin dégustés le 11 décembre 2011. Présentation dans l’ordre de dégustation.

Le Château Gauré au lieu-dit la Lagaste à environ 400m d’altitude, entre Montclar et Rouffiac. On y cultive 25 hectares de Chardonnay, Chenin et Mauzac. Le terroir  est constitué de molasse, marnes et argiles et le climat plus humide (influences océaniques). Le domaine est labellisé Bio et est piloté par Benoît Arletaz et conseillé par Jean Armand Bloc, les Chardonnay y sont récoltés à 30hl/ha vinifiés en barrique et sur lies - on utilise uniquement des levures indigènes.

AOC Limoux - cuvée Oppidum 2010 80% : Chardonnay, 15% : Chenin, 5% : Mauzac - alcool : 14%. Robe aux reflets or intense, brillant. Le nez dégage des sensations de végétal humide, des notes de fleurs jaune, de minéral (pierre frottée) et d’élevage (caramel au lait). L’attaque est plaisante avec un joli gras et une sensation de fraîcheur agréable.  Un fruité intense, type mandarine et ananas confit, domine la bouche, l’acidité prolonge la sensation jusqu’à la finale. Grain minéral en milieu donne du nerf à ce vin structuré. Des notes miellées, salines sur la finale. Ce vin, ambitieux, pêche par excès de générosité, les arômes tropicaux écrasent un peu l’harmonie globale  dans un style un peu trop flatteur,  et laisse une impression de décalage entre structure et arômes, beau vin cependant.

Le domaine des Hautes Terres se situe sur le village de Roquetaillade, Gilles Azam cultive 7 hectares et demi de vignes très morcelées, l’altitude est d’environ 400m. Le micro-climat donne des journées tempérées et des nuits fraîches. Gilles travaille en bio avec une démarche qualitative stricte.  Petits rendements de 40hl/Ha - l’utilisation  de SO2 est minimale - débourbage à froid, vinification et élevage en barrique de 2 à 5 ans, bâtonnage pendant 12 mois.

AOC Limoux - cuvée Louis 2010 70% : Chardonnay, 30% : Chenin - alcool : 13,5%. Couleur paille foncé, très brillant. Nez sur noisette et praliné, les notes d’agrumes, de fougère et de pierre mouillées arrivent ensuite, très nuancé. Belle attaque fluide sur des notes citronnées et d’arachides fraîche. Des notes de fleurs blanches, de pommes, de bourgeon de sapin se développent harmonieusement avec un boisé un peu crémeux discret. La trame acide reste présente jusqu’à l’extréme finale qui reste très agréable. Vin en finesse et délicatesse.

L’andouillette, riche en arôme, à la texture à la fois fondante et croustillante à besoin d’un vin sur l’acidité pour ne pas surcharger le palais en saveur. Il faut aussi que ce vin ait une puissance et un corps suffisant pour rivaliser à la richesse aromatique du plat. L’accompagnement, été fait d’une pomme de terre vapeur à la sauce moutarde, pour relever la tripaille aux saveurs rondes. Les 2 vins étaient à la hauteur, mais le gagnant incontesté fut le Haute Terre, qui par son style plus élancé et son registre aromatique retenu, a accompagné le mieux ce beau plat d’hiver.

Domaine La Suffrène 2001 et faisan aux topinambours

Le faisan est un gibier goûteux, sa chair aux saveurs intenses, réclame des vins de caractère qui développent des arômes de sous-bois et qui possèdent une matière pas trop anguleuse pour ne pas heurter les harmonies possibles : notre choix s’est orienté sur un Bandol de 2001, dans sa parfaite maturité, pour son assemblage de Mourvèdre et de Grenache. Le Mourvèdre en vieillissant assure ce type de saveurs un peu giboyeuses et de terre mouillée.

2001 fut une année de sécheresse de juin à septembre, les vendanges furent sèches, la récolte fut hâtive et plutôt petite en volume.

Dégusté le 8 janvier 2012 - Domaine La Suffrène 2001 - AOC Bandol - Vigneron : Cédric Gravier à la Cadière d’Azur - Cépages : 55% : Mourvèdre, 20% : Grenache noir, 15% : Cinsault, 10% : Carignan. Alcool : 15%. Intensité colorante moyenne, couleur rubis foncé avec de fortes nuances brunes. Le premier nez exprime des senteurs de truffe qui s’effaceront par la suite. Une large gamme olfactive : épices brunes, terre mouillée, fruits noirs confit, confiture de prune, suie, laurier et corinthe. La bouche est très puissante avec une attaque très souple. Le gras et le volume sont équilibrés par les tannins, un peu secs mais grenus, denses, qui se montrent en milieu de bouche et persistent longuement, pour donner une touche de fine amertume en finale. La bouche est dominée par des notes concentrée de corinthe puis de prune sèche, les arômes de torréfaction sont très perceptibles également, viennent ensuite les goûts de sous bois, d’épices, de cerise noire confite. La finale, très longue, est plus aérienne avec une touche cacaoté/mentholée très agréable. Très beau vin, un peu sur l’alcool, grande complexité.

Avec le faisan rôti en cocotte et topinambours : La chair dense, un peu ferme du volatile, son caractère un peu sec, et surtout le goût sauvage était mis en valeur par la cuisson à l’étouffée. Les topinambours revenus dans la sauce avant service,  très sapide et fondants, ont apporté du moelleux à l’ensemble. Le vin, en puissance par ses tannins mais enveloppant par ses alcools, a convenu parfaitement à la volaille et au légume.

Les forts arômes du faisan ont rencontré ceux de sous-bois du vin, les tannins apaisés ont caressé les chairs, l’entente était quasi parfaite, si ce n’est que les arômes intenses de torréfaction et de raisin sec, sans gêner, ont pu parfois prendre le dessus. L’association fut cependant une belle réussite, à refaire.

Pibarnon rouge 2003 et entrecôte forestière

2003 a été une année particulièrement chaude et sèche - dans le bassin Méditerranéen, où les situations de stress hydriques sont communes, les vignerons se sont retrouvés avec des récoltes souvent déséquilibrées : très fortes charges alcooliques et maturités phénoliques tardives. Un grand domaine comme Pibarnon a réussi à produire un bon vin : bilan !

Le Mourvèdre a trouvé son terrain de prédilection à Bandol, l’une des régions les plus chaudes de France. Ce cépage espagnol recherche de telles conditions mais a besoin d’une certaine humidité en sous sol. Les marnes et calcaires profonds entre Saint Cyr et la Cadières d’Azur, ainsi que la proximité de la mer qui procure par ses embruns, l’eau nécessaire, combinent des conditions idéal pour ce cépage difficile à cultiver.

Dégusté le 23 octobre 2011 - vigneron : Eric de Saint Victor - cépages : Mourvèdre : 95%, Grenache noir : 5% - alcool : 14%. Intensité colorante moyen plus, nuance rubis profond, disque brique. Le nez est très riche et envoûtant sur la confiture de prune et les épices, suivent les senteurs de tabac et de cuir, du sous bois par la suite. L’attaque est souple bien que volumineuse. Les tannins surprennent par leur souplesse. Assez denses, ils sont légèrement secs et manquent un peu de charnu. Le fruit est assez confit, arômes agréables sur la prune, voire le pruneau, les épices, l’élevage (vanille chocolaté), des sensations de tomates séchées pour aller sur du sous bois. La finale assez longue, le vin fini sur des notes un peu végétales et une sensation alcooleuse. Beau vin cependant pour un millésime difficile.

Accord met et vin : La viande rouge et saignante est une compagne idéale pour ce vin. Nous l’avons accompagné d’une sauce au vin réduite avec des champignons (de Paris et girolles). Ces goûts, sanguin de la viande, animal de la sauce concentré et de sous bois, trouvent naturellement un écho dans le Pibarnon.

La densité du Bandol, sa matière tannique donne du répondant et l’harmonie se trouve prolongée par le registre aromatique épicé, giboyeux et forestier. Il a même parvenu a tracer son chemin et laisser sur la fin, une mémoire gustative dominante. Bel accord !

Dalmeran 2010 rosé et risotto coriande/crevette

Le Château Dalmeran est un domaine de plus de 10ha installé sur les flancs nord de la chaîne des Alpilles. Inséré dans un cadre naturel très préservé, les vignes se situent dans un relief accidenté et très dénivelé. L’orientation garantie la fraîcheur des vins, ce qui caractérise ce domaine. Les sols argilo-calcaires participent du taux d’acidité nécessaire. 2010 est une année plus équilibrée que les millésimes précédents. Ce domaine cultivé en bio, contrairement aux producteurs provençaux, concentre sa production sur les vins rouges, mais le rosé du domaine mérite toutes les attentions ! Le vigneron, Neil Joyce,  prétend faire un rosé de gastronomie : expérience.

Dégusté le 16 novembre - cépages : Cinsault : 45%, Grenache noir : 45%, Cabernet-Sauvignon : 10% - alcool : 14% - rosé de saignée. Très belle robe aux nuances flamboyantes et cuivrées, l’intensité colorante est assez marquée, très brillant. Le nez est très complexe et séduisant, sur la cerise rouge, la fraise, la rose, les épices et les fruits secs. La bouche est très suave, un gras impressionnant montre la puissance de ce vin très aromatique. Les fruits rouges frais et croquants prennent le dessus et son relayés par des notes de caramel, de loukoum, d’épices et de fruits secs. L’acidité, en souplesse, se manifeste dès le milieu de bouche et dynamise le vin, longue finale gourmande, soyeuse et très sapide.

Pour conclure : nous l’avons goûté sur un risotto parfumé à la coriandre (en poudre et fraîche), basé sur l’artichaut, crevette et saumon. Etonnamment la coriandre prend le dessus sur l’ensemble crevette/artichaud et harmonise l’ensemble.

Le gras et la puissance du vin ont fonctionné sur ce plat à la texture moelleuse et presque visqueuse. Le registre aromatique, sans disparaître est resté en retrait, c’est  la texture du vin qui a fait lien avec ce plat. La finale un peu croquante du vin relançait le dialogue avec le riz : très belle complémentarité, plus semble-t-il, que s’il avait agit d’un rosé tendu et très minéral !





L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération