Archive for the 'On a goûté pour vous...' Category

On a goûté pour vous….

Verticale gu Grand Rouge 2006 - 2007 - 2008 Château Revelette et Pastilla de Pigeon aux pignons

Verticale Château Redortier Beaumes de Venise 2005 - 2006 - 2007 rouge et Cocido madrilène

Verticale Châteauneuf du Pape blanc 2009 et fromages

2 Châteauneuf du Pape blanc monocépage : Vaudieu 100% Grenache versus Mathieu 100% Clairette

H. Bonneau 2000, Clos des Pape 2001 et Réserve 2006 du Clos du Caillou côte à côte

Horizontale rosés Coteaux d’Aix 2009

Horizontale des vins de Calce rouge 2005

Horizontale Châteauneuf du Pape blanc 2008 et truffe

Côte Rotie et Hermitage 2004

Horizontales Bandol rouge : 2001 et 1998

Domaine Saladin Verticale Chaveyron 1422 - 2006 - 2005 - 2004 - 2003

Une matinée au Clos des Papes

Montirius : Vacqueyras blanc ou Gigondas rouge ?

Domaine Durieu - Châteauneuf du Pape : verticale de la cuvée Lucile Avril

Verticale de Pradeaux rouge - AOC Bandol : 1999, 2000, 2001, 2002, 2003 et 2004

Verticale Mittifiot 2004 - 2005 - 2006 et 2007

Verticale Le Grand Rouge du château Revelette 2006 - 2007 - 2008 et Pastilla de pigeon aux pignons de pin

Les vignes se situent sur le versant nord de la montagne Sainte Victoire, l’altitude varie entre 300 et 400 m. Le climat est plutôt continental avec des hivers froids et des étés chauds et secs, un mode cultural très propre et respectueux de l’environnement.

AOC Coteaux d’Aix, les vendanges manuelles sont égrappées à 100%, longues cuvaisons, avec le traitement le plus doux possible du vin : pas de levurage ni de filtrage excessif, l’élevage se passe en barriques neuves pour 20%, le reste en barriques de 1 à 5 vins pendant 14 mois.

Dégustés le 28 avril 2012 -

Le Grand Rouge 2006 : Syrah : 51%, Cabernet-Sauvignon : 29%, Grenache noir : 15%,  Carignan : 5%. Alcool : 13,5%. Intensité colorante assez forte, reflets encore un peu violacés, rubis un peu voilé. Intensité aromatique moyenne, un peu fermé. Nez de fruits noirs frais, de champignon frais, sensation de fraîcheur, légèrement balsamique. L’attaque en bouche est souple, corps moyen et tendre, les tannins sont juste un peu abrasifs mais denses et menus. Bel équilibre global, l’ensemble montre une superbe cohésion en dépit de son manque d’expressivité et de précision. Le registre aromatique est restreint sur les fruits noirs frais, réglisse, avec une finale mentholée remontante très élégante.

Le Grand Rouge 2007 : Syrah : 52%, Cabernet-Sauvignon : 27% Grenache noir : 15%, Carignan : 6%. Alcool : 13,5%. Intensité colorante forte, reflets violacés, beau rubis obscur. Nez très nuancé de fruits rouges, de caramel, de genièvre, de génépi, de bois brûlé, de végétal froissé, de tabac brun. Attaque en bouche très agréable, fluide et dense, des tannins crémeux, tendres mais présents, presque poudreux. Le corps du vin n’excède pas en lourdeur bien que montrant une certaine puissance. Les arômes sont sur les fruits noirs frais,  la prune, les épices, la résine, le tabac brun, le fumé, le zan. Finale aérienne vanillée, vin très élégant, équilibre et densité.

Le Grand Rouge 2008 : Syrah : 50%, Cabernet-Sauvignon : 35%,  Grenache noir  : 15% - Alcool : 13,5%. Intensité colorante forte, rubis aux reflets violacés. Les premières senteurs appellent des notes boisées de cèdre et de vanille puis de fruits noirs et de réglisse. La bouche est agréable d’emblée, souple avec une certaine puissance, une relative droiture tannique, un peu crayeuse, qui ne présente aucun défaut, très bien relayée par une acidité tonique. La résine et le menthol soulignent le fruit noir, les épices et le végétal froissé, équilibre plus viril, suave cependant. Fraîcheur crémeuse et persistante sur la finale plutôt réglissée.

Association met et vin : Pastilla de pigeon, aromatisée de pignons de pin, cumin, piment, girofle et basilic. Après avoir cuit doucement au bouillon les volailles bardées, les chairs ont été découpées finement et malaxées avec des pignons de pin écrasés puis aromatisées. Cette farce, enveloppée dans une feuille de brick est cuite rapidement en friture. Cette préparation est très intéressante pour le contraste que produit le moelleux du pigeon et le croustillant de la pâte frite. La saveur délicate mais présente du volatile n’a pas pris ombrage des arômes de résine des pignons ni des épices, la recette est un modèle de complexité et d’harmonie.

Pastilla de pigeon et Grand Rouge de Revelette : Le vin, sans les lourdeurs que l’on peut observer parfois dans les vins méditérranéens montre une belle fraîcheur. La suavité de ses tannins a parfaitement accompagné la préparation : aucun des deux protagonistes n’a pris le dessus, le gras de la farce et le caractère séchant des tannins ont fusionné, les épices et le basilic frais ont prolongé les notes balsamiques, épicées et fruitées du vin, le pignon a trouvé le résineux du Grand Rouge. L’un et l’autre se sont révélés et se sont combinés pour offrir un plaisir gustatif polymorphe : longueur des saveurs, variation des textures, nature des arômes : très grande réussite !

Verticale Beaumes de Venise du Château Redortier et Cocido madrilène

Beaumes de Venise est une appellation qui bénéficie depuis peu du titre de Cru. Comme Gigondas, cette appellation bénéficie de l’effet positif de l’altitude et de nombreuses nuances géologiques : nous avons tout intérêt à nous y intéresser !

Dégustations des Beaumes de Venise du Château Redortier dirigé par Isabelle de Menthon : vins dégustés le 2 mars 2012

Terroir et Millésimes

2005 : Très bon millésime, structuré, ferme, profondeur. Hiver un peu humide et tardif. les chaleurs n’arrivent pas avant fin mai. Eté chaud et sec. Début septembre chaud avec une bonne pluie. Année sèche avec environ 560 mm de pluie. Maturité phénolique parfaite, très petits  volumes. 60% Syrah, 40% Grenache noir -  Alcool : 14% - Intensité colorante assez forte, belle robe profonde rubis - nez épicé, de cerise confite, de noyau, des petits fruits noirs, nuances tapenade, de la garrigue, senteurs viandées. Belle attaque en bouche, puissante mais très ronde, les tannins très présents sont denses et serrés avec un touché plutôt velouté. Belle densité d’ensemble, le vin est très cohérent, puissant mais pas massif, sensation surprenante de légèreté. Finale sur le fruit noir crémeux, le Corinthe, et toujours ce poivre qui domine l’ensemble. Bonne longueur.

2006 : Bon millésime, juteux et en rondeur. tannins plus laches, “année Grenache”. Hiver sec, avril assez chaud qui a induit un peu de coulure, floraison plus fraîche. Mistral. Juillet très chaud, août presque froid, 2 pluies début septembre qui ont retardées la date de cueillette. Vendanges ventées. Année sèche avec environ 600 mm de pluie, arômes ouverts et généreux, petits volumes. 60% Grenache noir, 40% Syrah - Alcool : 14% - Intensité colorante moyenne, nuance chatoyante. Le nez est très séducteur de cerise mûre et d’épices. Les fruits noirs ensuite avec de la garrigue et des notes de cire. Très poivre puis nuances florales. La bouche est voluptueuse, assez grasse avec des tannins très fins et tapissants. Le style fluide et caressant est un réel plaisir. La cerise domine avec le poivre, mais des notes d’orange confite, de réglisse et de cuir complètent l’ensemble.Très charmeur et très Grenache, ce vin termine son évolution sur des touches de fraise, de poivre et de caramel avec une bonne persistance.

2007 : Très bon millésime, structuré et qui a de la réserve. Hiver froid et sec printemps assez chaud, juin humide ce qui a permis de traverser les chaleurs estivales (sans excès), année très venteuse, surtout les périodes avant les vendanges : récoltes sous de bonnes conditions. Année sèche avec environ 500 mm de pluie, petits volumes. 60% Grenache noir, 40% Syrah - Alcool : 14% - Première année à vinifier avec délestage et micro-oxygénation. Intensité colorante forte, rubis avec encore des nuances bleuté. Nez épicé  (poivre blanc) et de fruits à noyau (cerise, prune), notes florales. La bouche est ample, riche avec beaucoup de rondeur. Les tannins sont encore un peu droits, légèrement secs et très denses. Cette touche légèrement virile se combine bien avec le gras et la fraîcheur du terroir. Les épices dominent avec la cerise confite, le laurier et la garrigue. Très bon équilibre “tonique” avec une finale élégante salivante et saline avec des notes fruitées et florales

Le Cocido madrilène C’est le plat castillan par définition. Rustique et goûteux, ce plat correspond au pot au feu français. La base en est les viandes dont principalement du lard salé (mais aussi du poulet, du boeuf et du chorizo) et les pois chiche accompagné de chou, carotte et pommes de terre. Une longue cuisson (3h environ) pour extraire un bouillon concentré et intense. Dans un deuxième temps, viandes et légumes sont servit. Plat d’hiver, nourrissant et riche en saveur, c’est une gastronomie familiale simple et conviviale.

Pour conclure : Le cocido est d’une facture simple mais aux saveurs intenses : il faut des vins sans trop de tannins mais disposant suffisamment de caractère pour ne pas subir le fond prégnant pois chiche/chou croisé avec la dominante salé du lard et le goût typé du chorizo. Les Beaumes de Venise de la famille de Menthon sont puissant, comme de nombreux vins base Grenache, mais grâce à la typicité du terroir, la fraîcheur et les tannins fins mais constants structurent une heureuse harmonie gustative. De plus la note poivrée permanente souligne l’accord en renforçant la sensation à la fois de puissance et de fraîcheur.

Horizontale Châteauneuf du Pape blanc 2009 et fromages

Châteauneuf du Pape est aussi un terroir à blanc, la diversité de ses terroirs, le socle souvent calcaire et la profondeur des sols souvent riches en argiles favorisent des équilibres frais malgré une puissance due au soleil !

de G à D : Domaine Bois de Boursan, Domaine La Solitude, Domaine Durieu, Domaine Monpertuis, Domaine La Barroche (sans étiquette), Clos du Caillou, Domaine Raymond Usséglio

Millésime 2009 : Globalement le printemps et le début d’été ont été relativement frais, les dernières précipitations (localement) ont eu lieu fin juillet. Le mois d’août fut caniculaire, les températures ont atteint les 38° à 40° selon les terroirs. Le mois de septembre a été remarquable, chaud et sec, les pluies d’équinoxes très clémentes. 2009 a été une année moins venteuse (Mistral en vallée du Rhône) qu’à l‘accoutumée.

Résultat : Rendements faibles 30% inférieur à la normale. Un millésime de vignerons qui doivent fixer la date de récolte en fonction des maturités phénoliques. Ils ont dû faire preuve de patience et d’adaptation. 2009 est un millésime de concentration. Les cépages du « nord » (Syrah, Roussanne) ont souffert, par contre les tardifs comme les Mourvèdre, Bourboulenc et Clairette ont donné un produit remarquable. Année Grenache.

Dégustation réalisée à l’aveugle le 11 mars 2012 - présentation dans l’ordre de découverte.

Clos du Caillou cuvée les Safres vigneronne : Sylvie Vacheron  - cépages : 60% Roussanne, 20 % Grenache blanc,  20% Clairette - sur les terroirs de Pignan et Bédines - élevage 9 mois principalement barrique - pas de malo. Alcool : 14,5%. Or pâle, brillant. Nez assez boisé d’emblée, des notes fraîches arrivent ensuite de sauge, avec du floral, d’amande. La bouche est plutôt ample, du gras, un peu marquée par l’élevage, des arômes presque exubérants de fruit jaune, d’amande heureusement pondérés par une fraîcheur épicée. Finale crémeuse, belle longueur.

Domaine La Solitude - vigneron : Florent Lançon - cépages : Grenache blanc : 30% – Clairette : 30% – Roussanne : 25% – Bourboulenc : 15% – pas de malo – élevage 8 mois sur lies et bâtonnage en cuve, Roussanne en barrique neuve. Alcool : 13,5%. Or pâle, très brillant. Le nez présente une forte minéralité, des feuilles froissées, notes d’agrumes, de noyau de pêche, un peu fruit jaune. L’attaque est assez fluide avec cependant une belle texture moelleuse. Les arômes minéraux et d’agrume se mêlent aux goûts miellés, pour évoluer sur l’anis, la frangipane et des notes de fruits jaunes. Structure puissante mais juteuse, bel équilibre en finesse. Boisé discret.

Domaine de Montpertuis - vigneron : Paul Jeune - cépages : Clairette : 30%, Clairette rose : 20%, Grenache blanc : 20%, Bourboulenc : 20%,  Roussanne : 10%,  du lieu dit Mont Pertuis  -  Vinification et maturation de 4 mois en cuve. Alcool : 13,5%. Or pâle, brillant. Nez franchement miellé, fleur d’amandier, poire, noyau de pêche.  Attaque fluide avec des arômes de bonbon au miel immédiat suivis de notes fraîches vertes très agréables et de lilas. Le vin montre un très beau grain minéral type toucher de calcaire qui s’associe parfaitement au gras, notes arachides et florales ensuite. Finale fraîche sur des notes de verveine un peu pointues. Très long.

Domaine Raymond Usséglio - vigneron : Raymond Usséglio - cépages :  Grenache blanc : 40%, Clairette : 20%, Roussanne : 20% – Bourboulenc : 20% - malo bloquée, élevé en futs pour 10%, pour 90% en cuve, pendant 6 mois sur lies. Alcool : 14,5%. Or pâle, brillant. Nez assez boisé avec immédiatement des notes exotiques de banane séchée, d’ananas confit et des notes florales comme la jacinthe. L’attaque est ronde mais montre cependant une belle acidité et la présence d’une sensation saline plutôt excitante. Les arômes presque too much de fruits jaunes soulignés par des notes boisées actuellement sur le devant ne l’avantagent pas. Assez chaud. Finale assez fraîche et remontante sur des notes torréfiées.

Domaine Durieu - vigneron : Vincent Durieu - Cépages : 70% : roussanne, 10% : Grenache blanc, 10% : bourboulenc, 10% : clairette - élevage 6 mois – en cuve inox - pas de malo – terroir de Cabrières récolté tardivement après les rouges. Alcool : 13,5%. Or à reflet un peu vert, très brillant. Nez très minéral, des notes de végétal froissé, de lait d’amande, de fraîcheur verte. Attaque ronde mais le vin donne rapidement une sensation plus longiligne de fluidité minérale. Evolution sur les arômes de fruits secs (amande, noisette),  floraux, de pomme verte pour aboutir sur des notes miellées en finale. Belle fraîcheur, style sobre et intense.

Domaine La Barroche - vigneron : Julien Barrot - cuvée non commercialisée - cépages : Clairette : 70%, et 30% Grenache blanc, Bourboulenc et Roussanne, terroir : Pialon ou Pied Long, élevage en cuve. Belle robe or pâle, brillante. Nez très aérien avec un beau fruit blanc pêche et litchi, menthol, fleur d’amandier, glycine et cire. Bouche assez suave sans excès de gras, poire confite, pomme, amande amère, massepain. Milieu de bouche plus onctueux avec un grain minéral perceptible, touche de fruit exotique puis alcool de poire, finale remontante, équilibre remarquable, belle longueur.

Domaine de Bois de Boursan - vigneron : Jean Paul Versino - cépages : Grenache blanc : 35% Clairette : 35% – Roussanne : 15% – Bourboulenc : 15%. Malo bloquée élevé en futs pour 20%, pour 80% en cuve, pendant 6 mois. Alcool : 14%. Or pâle plutôt ambré. Nez beurré un peu lactique suivi de senteurs de fleurs jaunes. La bouche montre une attaque plaisante assez charnue avec des notes immédiates de noyau de pêche, de beurre rance, d’épices douces. Les arômes de fruits tropicaux s’élèvent en milieu de bouche, avec parallèlement une sensation un peu chaude, finale sur la pomme verte un peu amère. Sensation saline.

Pour résumer : 2009 est un millésime de puissance, mais les vignerons savent aussi tirer parti de ce type de climat en proposant des vins sur la droiture et la retenue aromatique comme les Domaine Durieu, La Barroche et Montpertuis dans ces cas la minéralité était leur atout maître. D’autres ont traité le vin avec un élevage discret comme le Domaine la Solitude offrant élégance et délicatesse. Clos du Caillou et Raymon Usséglio ont fait des vins plus puissants, plus gras, plus aromatiques en montrant un style plus exubérant. Enfin, le choix des cépages et assemblages montrent,  relativement aux élevages, des résultats très variés : Le Domaine Durieu (avec 70% de Roussanne) sans élevage offre un profil totalement différent du Clos du Caillou (avec 60% de Roussanne) plus boisé - La Clairette, cépage qui devrait être plus reconnu, marque copieusement toutes ces cuvées pour donner des notes florales et fraîches.

Association Châteauneuf blanc et fromages : 14 variétés de fromages ont été réunies : fromage de chèvre très frais, fromage de chèvre crémeux, fromage de chèvre mi-sec, tomme de brebis de Lozère fraîche, tomme de brebis de Corse mi-sèche, Comté vieux, Gaperon, Mimolette vielle, Camembert, Brie de Meaux, Maroille, Munster, Bleu d’Auvergne, Reblochon.

Il nous a été impossible de valider toutes les possibilités 7 vins x 14 fromages, cependant d’un avis unanime sur les 7 dégustateurs réunis, plusieurs tendances se sont détachées pour offrir des harmonies et des dissonances notoires :

  • Les vins non boisés ont toujours été préférés sur les fromages, sauf sur le Bleu d’Auvergne où les vins “élevés” comme R.Usséglio et Clos des Caillou ont eu notre faveur.
  • Les fromages de chèvre et de brebis ont eu une mention spéciale du jury pour la finesse d’association.
  • Les pâtes cuites comme le Comté et la Mimolette ont résonné à merveille sur les vins en faisant ressortir des notes sucrées.
  • Quelques surprises inattendues du Maroille et du Gaperon (vache avec de l’ail !) très agréables.
  • Le Brie et le Camembert se sont révélés trop brutaux, le Munster ayant trop de caractère !

Châteauneuf blanc en monocépage : Clairette de Mathieu versus Grenache de Vaudieu

Les blancs de Châteauneuf du Pape méritent d’être découvert, ils ne jouissent pas de la renommée des rouges. Souvent en assemblage à base de Roussanne, Clairette, Grenache blanc, Picpoul et de Picardant. Quelques vignerons vinifient en mono-cépage selon la particularité de la vigne (âge, situation, sol…) : voici deux vins totalement différents provenant d’une même appellation : un 100% Clairette du domaine Mathieu la cuvée du Marquis Anselme 2006 et un 100% Grenache blanc du Château de Vaudieu la cuvée du Belvédère 2007.

2 millésimes différents : 2006 a produit des vins plus longilignes, sur la fraîcheur, avec 2007 les vins sont plus puissant et charpentés.

  • 2006 : T° moyenne : 15,3° - ensoleillement total : 2929 h - précipitation : 539 mm dont 205 mm en juillet août et 41,5 mm en septembre - jours de Mistral fort : 98 j.
  • 2007 : T° moyenne : 15° - ensoleillement total : 2958 h - précipitation : 486 mm dont 69 mm en juillet août et 24 mm en septembre - jours de Mistral fort : 87 j.

Vins dégustés le 28 décembre 2011

Domaine Mathieu la cuvée du Marquis Anselme 2006 - 100% Clairette -vigne plantée en 1985 du lieu-dit ” les Parran”, pas d’éraflage, fermentations malolactiques bloquées, élevage 6 mois en barrique neuve sur lies. production : 800 cols. Vigneron : André Mathieu - alcool : 13,5%. Couleur or pâle, très brillant. Le nez est très délicat et nuancé, un peu muet en début, l’aération l’avantage. Notes fraîche d’anis puis de branche de résineux en première impression, la complexité se révèle sur des notes de fleurs blanches, de paille, de cire puis de mandarine confite. La bouche est très fluide mais très onctueuse également. L’acidité s’exprime sur la finale pour laisser une longue sensation aromatique. Le grain minéral du vin se montre en milieu de bouche et renforce le corps du vin avec une amertume délicieuse qui souligne les saveurs. Notes de fleurs blanches (acacia), d’amande fraîche, de paille et d’anis, puis de miel à l’aération Finale correcte mais fraîche.

Château de Vaudieu la cuvée du Belvédère 2007 - 100% Grenache

blanc - vigne plantée en 1980 d’une seule parcelle nommée le Belvédère, pas d’éraflage, élevage 6 à 9 mois en barrique neuve principalement sur lies. production : 2000 cols.  2007 est le premier millésime de cette nouvelle cuvée. Vignerons : Laurent et Julien Bréchet - alcool : 14%. Belle couleur jaune pâle et lumineuse, très brillant. Le nez exprime des notes minérales franches de type hydrocarbure, puis d’autres dues à l’élevage plus vanillées, viennent par la suite l’arachide fraîche, la cardamome, des senteurs de végétal froissé puis de citron. La bouche est assez puissante  très suave. Cette rondeur s’étire jusqu’à la finale avec un gras parfaitement équilibré par une surprenante acidité qui se révèle en milieu de bouche. Arômes précis de fleurs jaunes, de pierre heurtées, d’armoise, de poire, de végétal frais, d’ananas confit à l’aération. Finale sur l’arachide mais en fraîcheur, très long.

Pour accompagner ces vins :

Il fallait des mets nuancés mais de caractère, on a choisi  pour entrée un carpaccio de coquilles St Jacques aromatisé au poivre de Séchouan, mariné au citron vert et huile d’olive des Baux. Le châteauneuf de Mathieu ne faisait pas défaut sur ce plat, cependant le Clos du Belvédère, par sa vivacité et ses nuances citronnées, s’accordait mieux encore et son caractère presque épicé rebondissait sur le poivre de Séchouan.


Le repas s’est prolongé avec une queue de lotte rôtie sauce corail. Cette fois, la Clairette de Mathieu a proposé le meilleur accord grâce à sa franche minéralité. Le corail, avec ses notes iodées et légèrement amères, pouvait réaliser un obstacle, franchi par la finesse de structure et l’équilibre dans la sveltesse de la cuvée Marquis Anselme.




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